Anges et démons

La bourse américaine s’apprêtait à vivre un automne tranquille, en surfant sur ses niveaux record enregistrés au sortir de l’été. Les vents étaient en effet porteurs : des résultats d’entreprises impressionnants, des perspectives économiques robustes, une remontée limitée des taux d’intérêt à long terme et des primes de risque raisonnables pour amortir d’éventuels contrecoups. Lire la suite

Méchant petit coup de froid

La marée d’automne rythmait depuis quelques semaines déjà les marchés financiers américains, avec une montée des taux à court et long termes sur fond de momentum économique qui semblait pouvoir encore gagner en puissance. En cette saison, une soudaine offensive hivernale n’est cependant jamais à exclure, tout comme de belles journées d’été indien. Dans ces conditions, les bourses sont soumises à de fortes fluctuations, prises entre la peur d’un véritable hiver et l’espoir de voir les nuages noirs s’éloigner rapidement. Lire la suite

Après le chaud, l’heure est venue de souffler le froid

Avant de prendre véritablement les rênes du pouvoir, les partenaires de la coalition gouvernementale italienne actuelle ne craignaient pas d’effrayer régulièrement les marchés financiers en annonçant des propositions plus extravagantes les unes que les autres. Les mesures préconisées, comme l’augmentation des pensions et l’instauration d’un revenu « de citoyenneté », visaient en priorité à flatter l’électorat du gouvernement populiste. Aux yeux des autres, elles apparaissaient surtout aussi inefficaces qu’irréalistes. Vu l’endettement public colossal de l’Italie, de telles largesses budgétaires ne sont supportables en effet que si la croissance économique génère suffisamment de recettes fiscales pour les compenser. Lire la suite

Quelques éléments d’explication des évolutions financières récentes

Les indicateurs relatifs à la conjoncture américaine du mois dernier ont donné une image étonnamment solide de l’économie du pays ce qui exerce une légère pression haussière tant sur le taux directeur de la banque centrale (Fed) que sur les taux à long terme des placements à rendement fixe. Ainsi, la probabilité que le rendement des obligations d’État américaines à 10 ans passe au-dessus du seuil symbolique de 3 % a augmenté considérablement. Lire la suite

Et vous, où étiez-vous ce jour-là ?

La radio transistor venait enfin de réussir sa percée commerciale et trônait fièrement, dans une version rouge bakélite étincelante, sur l’armoire de la cuisine. Dans un coin reculé de notre région linguistique, la réception des programmes était toutefois émaillée de grésillements et il arrivait régulièrement qu’elle se règle sur une station française dont le pylône de diffusion était tout proche. Juste avant le journal de six heures, le présentateur annonçait l’information principale.

Certains événements sont gravés si profondément dans notre mémoire que nous nous rappelons (du moins le pensons-nous) des moindres détails du moment où nous avons appris la grande nouvelle (généralement mauvaise).

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Supercalifragilisticexpialidocious!

Faute de superlatif pour qualifier l’époustouflante performance des bourses d’actions américaines, nous nous sommes inspirés de la mise en scène, à la sauce veloutée de Disney, de la série de livres de P.L. Travers qui avait fait pourtant le portrait d’une Marie Poppins au caractère beaucoup plus corsé.

Après tout, qu’est-ce qui décrit le mieux le plus long rallye boursier de l’Histoire que le plus long mot de la langue anglaise?

Comme toujours lorsque les indices Dow Jones, S&P Composite et NASDAQ atteignent de nouveaux niveaux record, cela donne le vertige à certains, alimentant ainsi une défiance à l’égard de la valorisation actuelle des cours et le moulin à rumeurs sur l’imminence de l’éclatement d’une soi-disant bulle financière. La situation mérite une analyse pointue et pas cette émotivité mal placée. Lire la suite

Le temps des cerises n’a jamais été aussi long

Le sous-estimé indice Standard & Poors vient de clôturer sa 3455e séance de la période haussière la plus récente de son histoire. Le principal indice boursier des États-Unis (et donc du monde) n’a encore jamais réussi à maintenir une telle tendance « bullish » aussi longtemps sans subir durant celle-ci une correction majeure. Le marché haussier a commencé le 9 mars 2009 sur les décombres et les ruines fumantes d’une politique insensée qui avait été mise en œuvre après le recul, pourtant relativement modeste, des prix immobiliers aux États-Unis avec, à la clé, la fonte ultrarapide des fonds propres de certaines banques américaines et européennes. Lire la suite

Abrogez donc cette loi de la gravitation. Par décret ou peu importe.

Les chefs de gouvernement les plus téméraires, les despotes les plus éclairés ou les dictateurs les plus obtus n’ont encore jamais pensé à supprimer la loi physique la plus fondamentale, que ce soit par décret ou un quelconque oukase promulgué à cet effet. Malgré les nombreux avantages qu’une telle décision offrirait. En revanche, s’affranchir des lois économiques fondamentales semble poser beaucoup moins de problèmes à certains leaders politiques. Malheureusement, les conséquences sont au moins aussi graves que l’ignorance de la loi de la gravitation. Si la chute est moins douloureuse en soi, elle est tout aussi inévitable. Lire la suite

Le monde est plat

C’est surtout quand ils sortent dans cet ordre de la plume d’un économiste que les mots suivants valent leur pesant de nitroglycérine : cette fois, c’est différent.

Je vais pourtant utiliser l’expression pour décrire la situation présente. Mais vous aurez été prévenus. En tout cas cette fois, la courbe des taux n’émet pas, selon nous, de signal d’une rechute économique imminente. Certes, dans le passé, cela a été le cas chaque fois que les taux d’intérêt à court terme étaient proches des taux d’intérêt à long terme. Depuis 1950, on a pu prévoir ainsi chaque récession sur la base de la différence entre le taux à long terme et le loyer de l’argent à court terme. Cette très longue période n’a connu qu’une seule exception à cette règle. Les grandes banques désireuses de sabrer dans leurs coûts feraient donc bien d’en tirer la conclusion suivante: supprimez vos départements d’études macroéconomiques et ne conservez qu’un seul collaborateur chargé de tenir à l’œil la courbe des taux. Lire la suite