Schtroumpf grognon

Tout comme notre idole schtroumpfé de bleu et de blanc, nous n’aimons (pratiquement) rien. Pour être plus précis: nous haïssons tout ce qui perturbe le fonctionnement normal des marchés financiers, surtout dans le contexte actuel, marqué par un potentiel haussier limité des taux d’intérêt à long terme et une croissance économique plus que suffisante pour hisser à un niveau record tant les résultats des entreprises que le marché de l’emploi, sans provoquer de dérapage des prix.

Nombre de Bourses mondiales ont ainsi atteint récemment de nouveaux sommets historiques, en étant soutenues par des primes de risque qui offrent toujours un bon matelas pour absorber les (inévitables) fluctuations futures mais aussi par une volatilité attendue extrêmement basse (déduite des marchés d’options). Les indices Dax en Allemagne, S&P Composite, Dow Jones et Nasdaq aux États-Unis mais aussi l’indice général MSCI Europe culminent à des niveaux inédits, ce qui malheureusement a réveillé les indécrottables oiseaux de malheur. Leur réaction est aussi prévisible que les gelées matinales en novembre. Lire la suite

À courte vue

Ne nous demandez pas de prendre parti dans le conflit politique qui oppose Madrid et Barcelone. Le choix qui se présente à nous n’est en effet guère enthousiasmant entre la main de fer d’un régime unitaire et le régionalisme doucereux de leaders radicaux soudain pris de vertige. Le premier fait preuve d’une violence que le fin connaisseur Duc d’Albe aurait sans doute appréciée tandis que les seconds se drapent dans leur sentiment de supériorité (économique ou de tout autre ordre). Le pari risqué du leader catalan d’agiter l’option nucléaire d’une scission pure et simple semble en tout cas tourner à son désavantage maintenant que les classes moyennes de sa région se mettent à douter des bénéfices économiques d’une indépendance et que ses alliés d’extrême-gauche ne lui laissent pratiquement aucune marge de manœuvre. En répondant vaguement à l’ultimatum de Madrid exigeant qu’il précise si oui ou non il avait déclaré l’indépendance de la Catalogne durant son long discours du 12 octobre, le président catalan a renvoyé la balle dans le camp de Madrid où un Premier ministre droit dans ses bottes, et une fière vice-première au regard noir, lui promettent enfer et damnation.   La Teoría del Loco – comme vous vous en souvenez sans doute. Lire la suite

The Madman theory (et à présent: La Teoría del Loco)

Comme l’entourage du président américain en exercice nourrissait (plus que) de sérieux doutes sur sa santé mentale, il a lui ôté l’accès aux codes de lancement des missiles nucléaires. Il s’en fallait de peu. On craignait en effet un geste de désespoir du président qui ne comprenait pas pourquoi une peccadille comme le « scandale du Watergate » avait pris de telles proportions alors que cet « incident » n’avait eu aucune importance politique. Nixon n’avait-il pas réussi à se faire réélire avec un écart (inédit) de 18 millions de voix sur son adversaire (qui était même contesté dans son propre camp)? Lire la suite

Mère-grand, que vous avez de grandes dents!

Dans la version originale, cela avait mal fini. Et comment s’en étonner. Armée de son enthousiasme juvénile, de la volonté de n’en faire qu’à sa tête, d’un couvre-chef rouge excentrique et d’une naïveté invraisemblable, l’héroïne du conte ne devait en définitive son funeste sort qu’à elle-même.

Le loup, qui ne suivait d’ailleurs qu’un penchant bien naturel, avait tout de même eu la bonté d’agrémenter le récit d’un étonnant déguisement, sans réussir toutefois à dissimuler ses grandes dents.

Mais les histoires qui finissent mal se vendent mal en général. Les frères Grimm ont donc imaginé un dénouement tout simplement incroyable pour que l’histoire se clôture sur un happy end. Lire la suite

Et si on oubliait le mois d’août une fois pour toutes!

Le mois d’août semble prendre plaisir à déjouer les plans des humains, les grands de ce monde comme le commun des mortels. Est-ce dû au raccourcissement subit, et toujours surprenant, des jours qui annonce l’arrivée inexorable de l’automne et de l’hiver? Ou plutôt au sentiment que tout ce qui devait être récolté est déjà engrangé, même si la moisson n’a pas été fameuse et qu’il n’y a plus rien à attendre des mois qui nous séparent de la fin de l’année? C’est aussi le souvenir collectif, à présent inscrit dans notre ADN, des échecs retentissants qui semblent être le lot funeste des plans grandioses concoctés dans la ferveur des mois d’été et qui s’enlisent ou dégénèrent dramatiquement dans les mois qui suivent. Comme lorsque les hordes teutonnes envahissent notre petit pays le 4 août 1914 en croyant pouvoir revenir tranquillement dans leurs foyers à la Noël. Ou la contre-offensive britannique tragique lancée en août 1917 qui s’embourbe ensuite dans les plaines d’Ypres. Ou le dictateur irakien qui décide le 2 août 1991 d’envahir son petit voisin riche en pétrole, persuadé qu’il n’en ferait qu’une bouchée. Un conflit dont les retombées nous affectent toujours aujourd’hui. Ou peut-être aussi un événement du 2 août 1964, aujourd’hui oublié: l’intervention menée dans la baie du Tonkin par les troupes américaines qui l’imaginent rapide et décisive. Elle se terminera piteusement en 1975 avec leur départ du Vietnam dans un chaos indescriptible. Lire la suite

Méfiez-vous surtout des nez crochus

Nous en avons à peine entendu parler mais nous le prendrons pour argent comptant: un thème pictural est omniprésent sur les murs des écoles primaires nord-coréennes. Sous couvert d’éducation artistique, il s’agit d’édifier la conscience politique de la jeunesse de ce pays cerné de toutes parts! Sur un mur, quelques malheureux petits Coréens sont attachés à un arbre pour y être torturés affreusement (les détails très réalistes ne laissent planer aucun doute à ce sujet) et sur l’autre, un groupe de jeunes femmes effrayées prennent leurs (jolies) jambes à leur cou. La scène laisse d’ailleurs entrevoir qu’elles n’échapperont pas à leurs poursuivants dont l’expression traduit clairement leurs intentions lubriques. Sur les deux tableaux, les malfaisants sont facilement identifiables. Pas tellement à leurs uniformes militaires mais bien à l’énorme nez crochu dont ils sont tous dotés et qui établit immédiatement le lien avec l’ennemi juré: les yankees. Lire la suite

Petit aperçu de ce qui nous attend (peut-être)

Après une énième série de records, les valorisations sur la plupart des marchés d’actions internationaux sont sans doute élevées mais correspondent toujours à un scénario économique réaliste, basé sur la faiblesse persistante des taux d’intérêt à long terme, un taux directeur négatif dans la zone euro et une pression haussière limitée sur les taux d’intérêt américains à court terme. Au cours des douze derniers mois, le taux directeur américain a déjà connu quelques ajustements à la hausse, si bien que la prochaine remontée ne pourrait intervenir qu’en décembre, mais plus vraisemblablement encore en mars 2018. Presque une éternité sur les marchés financiers. Lire la suite

Revers du billet vert

Nous n’osons pas affirmer avec certitude ce qu’il en est précisément. Mais Benjamin Disreali – cofondateur du Parti conservateur britannique, romancier très apprécié et, accessoirement, Premier ministre du Royaume-Uni à plusieurs reprises – aurait déclaré dans un accès de désespoir après un énième mouvement capricieux de la livre sterling sur les marchés des changes internationaux que « only the foreign exchange has driven men more madly than love ». Indeed. On ne sait pas vraiment à quoi se raccrocher quand il s’agit d’expliquer les mouvements erratiques des cours de change.

Par comparaison, interpréter l’évolution des marchés des actions, it’s piece of cake. Certes, ils suivent un mécanisme complexe. Mais en tous points rationnel: basé sur les mouvements des taux d’intérêt, la croissance attendue des résultats des entreprises et la prime de risque offerte. Un faisceau de facteurs qui les amènent actuellement à des sommets inédits. À rendre envieux les spéculateurs sur le marché des changes.

Lire la suite

Les pays à bas salaires

Il y a bien longtemps, on les décrivait encore comme des pays sous-développés, mais l’appellation était tellement dénigrante qu’on les a désignés ensuite sous le terme plus acceptable de pays en voie de développement. Mais l’expression avait encore une indéniable résonance colonialiste, traduisant un sentiment de supériorité déplacé: qui détermine en effet la norme en matière de développement? Va donc pour une abréviation neutre, comme BRIC? Ce serait cependant raccourcir inutilement le spectre à un groupe spécifique. Nous avons rapidement opté pour le concept de pays émergents. Mais cette description, elle aussi, correspond rarement à la réalité. Certains pays affichent en effet (parfois) des taux de croissance élevés. Mais d’autres, pas du tout. Et même parmi les pays en croissance très rapide, il arrive que les progrès économiques s’arrêtent net en raison d’une inflation galopante ou d’une chute des cours des matières premières. Lire la suite