Parlez doucement et tenez un gros bâton

Le 13 mai, les marchés financiers ont subi de lourdes pertes, en particulier les bourses américaines. Ainsi, l’indice S&P a reculé de 2,4 % et l’indice NASDAQ, la bourse américaine des valeurs technologiques, a même perdu 3,4 %, après avoir déjà cédé beaucoup de terrain au cours de plusieurs séances précédentes. Si ces baisses sont importantes, elles interviennent, ne l’oublions pas, après un début d’année marqué par une forte hausse des cours des actions. Lire la suite

Back to black

Il a suffi d’un seul tweet bien senti du président américain pour annihiler la hausse des cours boursiers qui avait hissé les principales places financières mondiales à de nouveaux niveaux records. La gueule de bois n’en a été que plus douloureuse pour les investisseurs qui avaient déjà largement fêté le retour de l’euphorie sur les marchés d’actions. En réalité, les hausses boursières des semaines précédentes comme la menace inattendue de Trump de faire passer de 10 % à 25 % les droits de douane sur les importations chinoises étaient parfaitement légitimes. Lire la suite

Summer may be coming

Non, nous ne faisons aucunement allusion à un rebondissement inattendu de la série télé préférée dans le monde entier[i] et encore moins au changement saisonnier imminent. Ce genre de retournement est bien trop facile à prévoir. Nous recherchons au contraire les « hirondelles » qui, par leur arrivée ou leur fuite, annonceraient un changement de saison sur les marchés financiers : ces renversements de tendance sont beaucoup plus difficiles à prédire. Lire la suite

111 printemps

C’est un bel âge. La carte des sincères félicitations de Sa Majesté à l’arrière-plan, le plus vieux des Britanniques a soufflé les bougies de son gâteau de jubilé devant les caméras de la BBC. Normalement, la vénérable chaîne télé britannique ne daigne s’intéresser qu’aux grands événements mondiaux et aux mariages princiers. Mais elle avait dérogé à ses nobles principes pour les festivités en l’honneur de Bob Weigthons. Il est vrai que le malicieux (plus que) centenaire avait annoncé qu’il livrerait enfin le secret de son âge canonique (et de sa bonne santé).

La caméra attendait donc fébrilement les révélations d’un Bob toujours bien alerte. Il s’est dévoilé avec le flegme et la confiance d’une personne qui sait que ses paroles resteront inscrites à jamais dans le grand livre mondial des bons mots. My secret to long life? (…) I just avoid dying. Lire la suite

Fake news

Au début du mois de février, le président de la Fed, Jerome Powell, a changé sensiblement le cap de sa politique monétaire, ce qui a permis aux bourses mondiales de récupérer la quasi-totalité de leurs pertes du quatrième trimestre de 2018. Auparavant, la banque centrale américaine projetait, sans grand discernement, de procéder encore à deux relèvements de 25 points de base de son taux directeur en 2019, alors que les marchés financiers lui signifiaient que l’heure était venue de l’abaisser. Les baromètres conjoncturels indiquaient en effet on ne peut plus clairement un ralentissement de la croissance économique mondiale et un recul du risque de dérapage inflationniste (pour autant que celui-ci ait été présent pendant cette période). Lire la suite

Sur des vieilles lunes, des colombes hébétées, des investisseurs nerveux et encore beaucoup d’autres curieux personnages de notre monde

Le virage à 180 degrés que le président de la banque centrale américaine a pris dans ses derniers commentaires n’a été que très modérément apprécié par les marchés financiers.

En réalité, Jerome Powell n’a fait que reconnaître l’urgence de corriger ses déclarations antérieures, basées sur une analyse obsolète – qui aurait (peut-être) été pertinente en d’autres temps.

Notre satisfaction, teintée de soulagement, d’avoir eu raison ne peut évidemment pas effacer les ravages financiers des commentaires excessivement durs que le président de la Fed s’est complu à proférer, en septembre 2018, sur la nécessité de continuer à relever le taux d’intérêt directeur américain. Des pertes totalement inutiles qui n’ont pu être récupérées qu’après plusieurs mois. Lire la suite

Joyeux anniversaire

À l’époque, ce qu’Alan Parsons réussit à mettre en boîte relève encore du travail d’orfèvre musical. L’ingénieur du son bricole un système expérimental (nous sommes en 1973) destiné à émettre simultanément des tintements d’un grand nombre de vieilles horloges.

La sonorité produite plaît tant au légendaire groupe de rock Pink Floyd que celui-ci s’en sert comme intro pour Time, un des meilleurs morceaux de son album culte The Dark Side of The Moon. Les paroles de cette plage dédiée au temps qui passe, bercée par ces sons incongrus, traitent surtout de thèmes intemporels : la nostalgie de sa jeunesse, les années qui filent trop vite et les occasions manquées, tout absorbés que nous sommes à contempler la pluie ou à regarder la télé.

(…) 10 years have got behind you. No one told you when to run. You missed the starting gun. Lire la suite

Game of Thrones

Amateurs de manœuvres sans vergogne, de machinations au grand jour, de coups de Jarnac sans scrupules et autres débats pseudo-intellectuels gratinés d’exagérations grotesques qui plombent toute discussion sensée, tournez-vous à présent vers le Parlement britannique qui sert, semble-t-il, de nouveau décor aux derniers épisodes de la série télé légendaire. Pendant qu’un ennemi féroce s’apprête à défoncer les portes de Londres, les milieux politiques britanniques se piétinent les uns les autres à la recherche d’une issue possible.

Le no deal Brexit se rapproche à grands pas mais les marchés financiers paraissent adopter un flegme très british. Les investisseurs partent apparemment du principe que personne ne peut être habité par une pulsion à ce point autodestructrice que celle d’exposer l’Empire britannique aux conséquences chaotiques d’un Brexit sans accord. Lire la suite

Comptes à rebours

Il était le seul à avoir remarqué le petit détail qui change tout. Contrairement aux autres membres de la commission d’enquête[i], qui braquaient leurs yeux sur les images de l’explosion de la navette spatiale Challenger. Richard Feynman, selon toute vraisemblance l’homme le plus intelligent qui ait jamais marché sur cette planète Terre, observait non pas la fusée mais les spectateurs[ii] venus en masse assister au lancement de la navette au Kennedy Space Center le 28 janvier 1986. Il a eu son attention attirée par les bonnets en laine et les grosses écharpes que portaient de nombreuses personnes dans cette foule. Rien de spécial dans nos régions au mois de janvier mais une météo très inhabituelle en Floride en cette période de l’année. Il n’en fallait pas plus pour que le physicien et lauréat du prix Nobel fasse le lien entre ces températures frisquettes et l’éjection du minuscule joint en caoutchouc (en raison du gel donc), qui allait laisser entrer les gaz qui scelleraient le sort des sept membres de l’équipage de la navette.

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