Investisseurs de tous les pays, unissez-vous!

Le remarquable philosophe du XIXe siècle sera sans doute heureux de voir sa célèbre formule revisitée par nos soins. Nous sommes d’ailleurs persuadés que Karl Marx aurait étudié avec grand intérêt les marchés financiers: des véhicules performants où les risques peuvent être transférés, transportés et supportés par les épaules les plus solides, et tout cela contre une rémunération équitable, réglée par les participants au marché. Et il aurait vu ses rêves les plus fous se réaliser en constatant que les gains susceptibles d’être engrangés à long terme sur ces marchés sont tels qu’ils permettraient de combler le retard social de certains groupes. Pour autant, bien sûr, que ces bénéfices soient utilisés correctement et que l’on en comprenne suffisamment les mouvements sous-jacents. Lire la suite

Les mamies ont du génie

Mme Yellen dirige la Fed.

Et elle fait ça bien.

Les marchés financiers ont eu une première réaction effarouchée à l’annonce de la hausse (limitée) du taux directeur de la Banque centrale américaine avant de surmonter leur crainte initiale. Une maestria de pro ? Oui, mais pas seulement. La présidente de la Réserve fédérale (Fed) s’est employée en effet à les rassurer en prononçant des phrases clairement et lentement articulées. Histoire d’écarter le moindre risque de mauvaise interprétation…

Certes, les investisseurs pouvaient légitimement douter de la nécessité de resserrer maintenant la politique monétaire américaine. De fait : les derniers chiffres conjoncturels (tant aux États-Unis que sur le reste de la planète) étaient tout sauf enthousiasmants et n’annonçaient rien de réjouissant pour les mois à venir. Qui plus est : l’évolution de l’inflation reste (largement) inférieure aux attentes (et aux objectifs officiels). Une tendance que l’on doit naturellement à la dégringolade interrompue des cours de l’énergie, mais aussi aux statistiques de l’emploi en demi-teinte. Bref, il n’y avait aucune raison impérieuse de modifier la politique monétaire américaine. D’autant plus qu’il s’agissait ici d’un changement de cap très chargé émotionnellement, fortement médiatisé et pour tout dire hautement symbolique, à savoir la fin de l’ère de « l’argent gratuit ». Lire la suite

O tempora, o mores!

La perspective qui était envisagée avec effroi en septembre est désormais interprétée positivement: en resserrant de manière limitée sa politique monétaire en décembre, la banque centrale américaine affichera sa conviction, d’une part, que l’économie américaine s’est définitivement engagée sur la voie de la croissance et, d’autre part, que l’économie mondiale est suffisamment robuste pour supporter une remontée des taux d’intérêt américains sans subir trop de dégâts collatéraux. Lire la suite