Nous vous souhaitons une année Lang Lang

Cette seconde supplémentaire en est une de trop à nos yeux. Tous les 4 ans, une année bissextile rajoute déjà une journée à l’année, sauf tous les 100 ans, sauf tous les 400 ans – comme cela vous savez que le 29/02/2000 a été une journée très particulière…

Mais en dépit de ces adaptations, il faut encore ajouter une seconde toutes les x années pour que le calendrier grégorien corresponde toujours aux impulsions de l’isotope 133 du césium. Ce qui nous laisse généralement de marbre. Mais pas cette fois-ci. Cette année pourrie ne le méritait tout simplement pas. Et elle prend un malin plaisir à traîner en longueur.

Mais bon, les marchés financiers nous indiquent qu’il faut diriger notre regard vers l’horizon, quels que soient les événements passés. Et, en définitive, le cru 2016 se clôturera sur des chiffres positifs. La plupart des Bourses mondiales ont progressé, à quelques secteurs près, comme ceux de la pharmacie et de la biotechnologie, qui accusent un recul, ce qui ne manque pas de nous étonner. Nous le considérons donc comme une opportunité à saisir compte tenu de l’évolution favorable des bénéfices des entreprises de ce segment de marché.

Les marchés obligataires ont également tiré leur épingle du jeu malgré la remontée (limitée) des taux d’intérêt à long terme aux États-Unis et en Europe. La hausse des taux sur les obligations d’État à long terme se situe parfaitement dans la fourchette que nous avions prévue. Il faut d’ailleurs plutôt considérer la progression récente du loyer de l’argent comme une normalisation qui rapproche les taux du chemin que nous avions dessiné. Dans le même temps, les attentes inflationnistes dans la zone euro tendent vers l’objectif fixé par la Banque centrale européenne (BCE) sans pour autant l’atteindre, si bien que nous ne craignons pas que l’autorité monétaire ajuste prématurément sa politique agressive de rachats de titres.

La plupart des indicateurs conjoncturels affichent une évolution favorable, dressant ainsi un tableau étonnamment encourageant pour l’Europe. Les prévisions conjoncturelles en Chine indiquent même une accélération imminente, vu la hausse du transport de marchandises, généralement considéré comme un indicateur avancé de l’évolution économique future.

Graphique 1: évolution du transport de marchandises et rapport Caixin de l’industrie chinoise

Mais c’est de l’autre côté de l’Atlantique que nous prévoyons une évolution plus agitée. Nous nous basons sur les indications déduites de notre modèle prédictif de l’activité industrielle, lui-même fondé sur le rapport ISM. Nos estimations des prochaines valeurs de ce paramètre décisif pointent vers un net redressement des attentes pour l’industrie américaine. L’accélération de la croissance dans ce secteur serait cependant de nature à revoir sensiblement à la hausse les attentes inflationnistes – surtout s’agissant de la composante salariale – ce qui correspond d’ailleurs aux prévisions de la banque centrale américaine. D’où la poursuite du glissement que nous opérons vers les actions industrielles aux États-Unis.

Graphique 2: fourchette de prévisions (entre la ligne rouge et a ligne bleue) du prochain rapport ISM sur l’industrie américaine

En 2017, nous continuons cependant à accorder notre préférence aux valeurs européennes. Les primes de risque dans la zone euro sont encore assez élevées (et ont même encore progressé récemment) pour compenser la volatilité sur les marchés financiers. Contrairement aux États-Unis, où une grande partie de l’amortisseur du risque a déjà été absorbée par la progression continue des cours boursiers, combinée à la hausse des taux d’intérêt. Mais comme par le passé, il nous est déjà arrivé de donner trop vite le bénéfice du doute au Vieux continent, nous ne nous risquons pas à sous-pondérer fondamentalement les valeurs américaines.

En réalité, il est plus que temps de clôturer cette année maudite. En formulant des souhaits sincères pour l’année qui vient.

Vous connaissez peut-être quelques interprètes contemporains de musique classique. Un des musiciens les plus connus et talentueux dans ce domaine (promis à l’éternité) est sans aucun doute l’étonnant pianiste chinois Lang Lang. Interprète virtuose de Liszt, Chopin et Mozart, mais également showman et acrobate musical.

Sa popularité parmi les amateurs de grande musique, mais aussi dans son pays d’origine, a donné naissance à un phénomène spectaculaire inédit, que l’on appelle déjà l’effet Lang Lang. L’on fait désormais la file devant les académies de musique en Chine, où des cohortes de disciples chinois de cet artiste magistral sont formés et préparés patiemment, 50 millions de nouveaux candidats étant inscrits sur les listes d’attente (et chacun d’entre eux possède 10 doigts, vous êtes donc prévenu de ce qui vous attend).

De tels effets d’entraînement nous réjouissent.

Nous vous souhaitons donc
Dans tout ce que vous entreprenez
Quoi que cela puisse être
Une année Lang Lang