Vol au-dessus d’un nid de coucous

Le spectacle de haute tenue que nous a offert la Chambre des communes britannique tout au long de l’après-midi de samedi dernier nous a divertis comme jamais. Quel régal pour les spectateurs et surtout pour les auditeurs ! Les acteurs ont échangé des arguments aussi pointus qu’une dague anglaise, en veillant à ce point à respecter la tradition d’un débat équilibré qu’on en oubliait presque le mépris que les deux camps nourrissent l’un envers l’autre. Ces débats, marqués par un humour pince-sans-rire et un choix des mots exquis, avaient tous les accents d’un drame shakespearien et des différentes nations constitutives du Royaume-Uni.   Lire la suite

Une toute petite guerre ne vaudrait-elle pas mieux parfois ?

Il va de soi que nous ne le pensons pas[i]. Mais tout de même… Dans notre souvenir, aucun conflit géopolitique n’a duré aussi longtemps que le bras de fer commercial entre les États-Unis et la Chine d’un côté, et le dialogue de sourds entre le Royaume-Uni (du moins une partie) avec le reste de l’Europe, de l’autre. [ii]

On savait d’ailleurs depuis un certain J. Rotten, il y a un peu plus de quarante ans déjà, que la Grande-Bretagne tomberait dans l’anarchie un jour ou l’autre. Mais nous nous étonnons surtout que les marchés financiers, dont l’indulgence et la patience ne sont pas les valeurs les mieux cotées, suivent l’évolution politique outre-Manche dans un calme glaçant. Est-ce parce que personne ne croit sérieusement à un scénario de Brexit sans accord ? Toujours est-il que l’évolution du cours de la livre sterling, mais aussi des actions et des options, semble indiquer que les investisseurs tablent sur une probabilité raisonnable d’un nouveau report. Une telle issue se justifierait par l’annonce d’élections au terme desquelles le nouveau Premier ministre, fort d’une majorité parlementaire suffisante, recevrait le mandat soit de négocier de manière équilibrée avec l’UE, soit d’organiser un nouveau référendum. Dans la seconde hypothèse, il faut espérer que le scrutin prévoirait cette fois l’obligation d’atteindre une majorité en faveur du Brexit dans chaque entité du Royaume-Uni, pour éviter toute contestation du résultat. Lire la suite

Chose mal commencée est à demi perdue

Le 4e trimestre de 2019 a très mal démarré, avec deux séances baissières consécutives observées sur les bourses du monde entier. Les investisseurs s’inquiètent toujours de l’accentuation du ralentissement économique qui semble à présent affecter les États-Unis plus fortement que prévu. La chute des cours enregistrée le mercredi 2 octobre est surtout la conséquence de l’indice conjoncturel ISM particulièrement décevant qui a été publié pour les secteurs industriels américains. Cet indice détermine le climat boursier. Lorsqu’il surprend désagréablement, surtout dans cet ordre de grandeur, les bourses mondiales piquent du nez. Il va de soi que les baisses récentes doivent être relativisées. La plupart des marchés d’actions affichent encore des performances largement positives depuis le début de l’année. Lire la suite

La paille et la poutre

Il est extrêmement compliqué de traduire le lancement d’une procédure pouvant mener à terme à la destitution du président américain en un scénario prévisible avec des conséquences économiques et financières concrètes. L’action intentée par les démocrates représente dans tous les cas un nouveau facteur d’incertitude, qui est venu temporairement chambouler le climat boursier. Les marchés mondiaux ont tout d’abord affiché une nervosité accrue, mais la situation s’est apaisée depuis. Mieux que cela, à vrai dire : l’indice mondial MSCI a atteint un nouveau record en euros. Cette remontée est toutefois majoritairement due à l’évolution du taux de change de l’USD. Constater une augmentation du dollar au moment où le président américain est mis sur la sellette peut surprendre à première vue, mais à y regarder de plus près, cette observation est somme toute assez logique. Lire la suite