Chose mal commencée est à demi perdue

Le 4e trimestre de 2019 a très mal démarré, avec deux séances baissières consécutives observées sur les bourses du monde entier. Les investisseurs s’inquiètent toujours de l’accentuation du ralentissement économique qui semble à présent affecter les États-Unis plus fortement que prévu. La chute des cours enregistrée le mercredi 2 octobre est surtout la conséquence de l’indice conjoncturel ISM particulièrement décevant qui a été publié pour les secteurs industriels américains. Cet indice détermine le climat boursier. Lorsqu’il surprend désagréablement, surtout dans cet ordre de grandeur, les bourses mondiales piquent du nez. Il va de soi que les baisses récentes doivent être relativisées. La plupart des marchés d’actions affichent encore des performances largement positives depuis le début de l’année.

Le tableau dépeint par l’indicateur ISM contraste cependant fortement avec la plupart des prévisions qui tablaient sur une légère progression de cet indice. La concrétisation de cette hausse, certes limitée, avait son importance puisqu’elle aurait permis de briser la tendance baissière des 5 mois écoulés. Mais le chiffre publié de 47,8 était nettement inférieur aux attentes, en s’installant de surcroît solidement sous la barre des 50, ce qui est considéré comme un signal annonciateur d’une contraction économique dans les secteurs industriels.

Bien sûr, ces indicateurs ne sont pas infaillibles. Mais les investisseurs s’y fient parce qu’ils se sont rarement trompés dans le passé. L’importance de l’indicateur ISM relatif à l’industrie a conduit à l’élaboration de nombreux modèles économiques visant à prévoir l’évolution de cet indice. Ainsi, ils ont déjà permis dans le passé de prédire le comportement de l’indicateur ISM avec une précision relativement bonne. Cette fois pourtant, l’ampleur de l’écart entre la valeur attendue et le chiffre publié a été vécue comme une douche froide par les marchés.

L’indice a chuté à un niveau qu’il n’avait plus connu depuis le mois de juin 2009, une période qui est loin de nous rappeler de bons souvenirs. Aussi, il est très probable que ce recul soit une anomalie. Mais les bourses d’actions n’en sont pas moins devenues très nerveuses à son annonce. Elles espèrent que l’indice conjoncturel des services (70 % de l’économie) et les créations d’emploi (lesquelles seront publiées vendredi) démentent ce signal d’une récession prochaine pour reprendre leur évolution haussière.

L’indicateur relatif au secteur des services était cependant très proche de la valeur la plus basse de ces trois dernières années. On s’en consolera en pensant que la probabilité d’une baisse du taux directeur de la Fed a dès lors augmenté sensiblement, ce qui donnera un coup d’arrêt à la baisse des cours des actions. La conclusion d’un accord (partiel) entre les États-Unis et la Chine, dans le cadre de leur conflit commercial, est devenue cruciale.

Entre-temps, nous avons diminué légèrement l’exposition aux actions dans notre allocation d’actifs, en raison principalement d’un facteur technique : l’augmentation de la volatilité, qui résulte de la plus grande nervosité des marchés.

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