Cousu de soie blanche

En 2019, investir n’était pas plus compliqué que composer de la musique techno. Jusqu’à présent, du moins. L’indice boursier mondial[i] a progressé de plus de 20 % depuis le début de l’année. Pour en profiter, il suffisait de rester tranquille, d’attendre patiemment à l’abri, en se persuadant que le beau temps reviendrait après les errements coupables de la banque centrale américaine, qui avaient fait chuter les marchés d’actions partout dans le monde durant le mémorable 4e trimestre de l’an dernier. Lire la suite

Ni oui ni non

Que vous l’estimiez ou le critiquiez, impossible de contester au président américain un trait singulier de sa personnalité hors normes : il maîtrise parfaitement l’art de se mettre en scène. Mais il ne décrochera jamais une nomination aux Oscars, vu les convictions politiques des membres du jury. Quant à l’intégrité de ces derniers, nous nous permettons également d’émettre des réserves. Lors de la toute première cérémonie de remise de ces statuettes tant prisées, le jury avait en effet refusé au dernier moment de la remettre à la star qui avait recueilli le plus de suffrages. Malgré son énorme popularité et son rôle-vedette dans de nombreux succès au box-office, Rin Tin Tin n’avait pas eu cet honneur. Pour la simple raison que ce n’était qu’un chien[1].  Lire la suite

We shall overcome

Cette profession de foi se retrouvait en filigrane de nos commentaires de ces derniers mois. Et, au vu des récentes performances des marchés d’actions, nous avions raison de nous montrer optimistes. Malgré les menaces géopolitiques, la plupart des indices boursiers ont atteint de nouveaux niveaux record, surtout aux États-Unis, mais aussi en Europe. De ce côté-ci de l’Atlantique, il ne s’agit cependant que d’un « plus haut » sur ces 4 dernières années. Les indices européens sont en effet encore éloignés de 10 % de leur niveau précédant la grande crise de 2008. Pour mieux comprendre, précisons que l’indice affiché en vert concerne la zone euro, exprimé en termes de « prix ». En revanche, l’indice « return » (qui intègre les dividendes distribués) avait dépassé son niveau pré-crise dès la fin de 2013.

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Le triomphe de l’optimisme

Lorsque Jeremy Siegel a publié son article révolutionnaire[i] sur l’évolution à long terme du marché (américain) des actions, il n’imaginait pas l’impact qu’il aurait. Son objectif était en effet purement académique. Il souhaitait simplement démontrer que les returns boursiers très élevés enregistrés dans le passé récent (en moyenne annuelle, de 6 % supérieurs à ce que rapportaient les obligations et bien meilleurs encore que la rentabilité de l’or et des placements de trésorerie) étaient plutôt le fruit du hasard. Selon lui, on devait se satisfaire par la suite d’un moins bon return pour les actions que pour les autres classes d’actifs, à savoir une rentabilité de 3 à 4 %. Les (excellents) résultats de la période antérieure n’annonçaient donc pas un avenir radieux. Nous étions en l’an de grâce 1992. Lire la suite