Une toute petite guerre ne vaudrait-elle pas mieux parfois ?

Il va de soi que nous ne le pensons pas[i]. Mais tout de même… Dans notre souvenir, aucun conflit géopolitique n’a duré aussi longtemps que le bras de fer commercial entre les États-Unis et la Chine d’un côté, et le dialogue de sourds entre le Royaume-Uni (du moins une partie) avec le reste de l’Europe, de l’autre. [ii]

On savait d’ailleurs depuis un certain J. Rotten, il y a un peu plus de quarante ans déjà, que la Grande-Bretagne tomberait dans l’anarchie un jour ou l’autre. Mais nous nous étonnons surtout que les marchés financiers, dont l’indulgence et la patience ne sont pas les valeurs les mieux cotées, suivent l’évolution politique outre-Manche dans un calme glaçant. Est-ce parce que personne ne croit sérieusement à un scénario de Brexit sans accord ? Toujours est-il que l’évolution du cours de la livre sterling, mais aussi des actions et des options, semble indiquer que les investisseurs tablent sur une probabilité raisonnable d’un nouveau report. Une telle issue se justifierait par l’annonce d’élections au terme desquelles le nouveau Premier ministre, fort d’une majorité parlementaire suffisante, recevrait le mandat soit de négocier de manière équilibrée avec l’UE, soit d’organiser un nouveau référendum. Dans la seconde hypothèse, il faut espérer que le scrutin prévoirait cette fois l’obligation d’atteindre une majorité en faveur du Brexit dans chaque entité du Royaume-Uni, pour éviter toute contestation du résultat. Lire la suite

Chose mal commencée est à demi perdue

Le 4e trimestre de 2019 a très mal démarré, avec deux séances baissières consécutives observées sur les bourses du monde entier. Les investisseurs s’inquiètent toujours de l’accentuation du ralentissement économique qui semble à présent affecter les États-Unis plus fortement que prévu. La chute des cours enregistrée le mercredi 2 octobre est surtout la conséquence de l’indice conjoncturel ISM particulièrement décevant qui a été publié pour les secteurs industriels américains. Cet indice détermine le climat boursier. Lorsqu’il surprend désagréablement, surtout dans cet ordre de grandeur, les bourses mondiales piquent du nez. Il va de soi que les baisses récentes doivent être relativisées. La plupart des marchés d’actions affichent encore des performances largement positives depuis le début de l’année. Lire la suite

La paille et la poutre

Il est extrêmement compliqué de traduire le lancement d’une procédure pouvant mener à terme à la destitution du président américain en un scénario prévisible avec des conséquences économiques et financières concrètes. L’action intentée par les démocrates représente dans tous les cas un nouveau facteur d’incertitude, qui est venu temporairement chambouler le climat boursier. Les marchés mondiaux ont tout d’abord affiché une nervosité accrue, mais la situation s’est apaisée depuis. Mieux que cela, à vrai dire : l’indice mondial MSCI a atteint un nouveau record en euros. Cette remontée est toutefois majoritairement due à l’évolution du taux de change de l’USD. Constater une augmentation du dollar au moment où le président américain est mis sur la sellette peut surprendre à première vue, mais à y regarder de plus près, cette observation est somme toute assez logique. Lire la suite

Pustules, pilules et chevaux

Imaginez la scène : le miroir du matin vous renvoie l’image de votre visage orné d’un horrible bouton sur le nez. Au vu de sa dimension alarmante et de sa couleur qui ne l’est pas moins, vous vous précipitez chez votre médecin. Fort de son diagnostic rassurant et d’une prescription du remède adéquat, vous vous dites que votre visage retrouvera bientôt sa mine avenante. Une seule pilule violette par jour et tout rentrera dans l’ordre.

Le matin suivant, vous déchantez en constatant que les pustules recouvrent à présent tout votre visage. Paniqué, vous retournez chez le médecin en qui vous avez toute confiance. Cette fois, après un examen approfondi, il augmente la dose de pilules à 3 par jour. Lire la suite

Investisseurs de tous les pays, unissez-vous ! (2.0)

Un spectre hante l’Europe. Le spectre de la récession.

Si cette menace ne plane encore qu’au-dessus des secteurs industriels, tous les indicateurs économiques se dégradent. Malgré les efforts considérables déployés par la Banque centrale européenne (BCE), sous la forme de taux d’intérêt extrêmement bas et d’injections massives de liquidités dans le système financier, l’économie de la zone euro ne réussit pas à sortir du marasme dans lequel elle végète depuis 2009. Lire la suite

Noël (re)viendra à son heure

Les représailles chinoises aux hausses tarifaires américaines (qui ont été reportées depuis lors) ont marqué une nouvelle escalade dans la guerre commerciale entre les deux géants économiques. L’offensive finale est peut-être en vue. Et comme pour tous les conflits qui, par le passé, se sont enlisés dans des positions et postures sans nuances, nous pensons que cette fois encore la messe sera dite pour la Noël … Lire la suite

En l’année 2525

Dans l’espoir d’apporter tout de même un certain réconfort moral à notre concitoyen-épargnant, qui recherche vainement quelque rendement, nous remettons régulièrement nos calculs sur le gril. Jusqu’il y a peu, ils donnaient invariablement le même résultat : il faudrait attendre l’année ’25 pour que la probabilité d’une hausse du taux d’intérêt à court terme en Europe augmente, et dans son sillage la rémunération offerte sur les livrets d’épargne. Ne nous méprenons pas : nous parlions de l’année 2525… if man is still alive[i]

Mais, entre-temps, les perspectives pour l’épargnant se sont encore assombries. Lire la suite

Trop is te veel

Bien avant la célèbre maxime du commentateur sportif Gary Lineker selon laquelle le résultat de chaque compétition internationale de football est déterminé à l’avance, car à la fin, ce sont les Allemands qui gagnent, la Chine avait déjà un proverbe beaucoup plus précis que la prédiction de l’ancien avant-centre.

Quant à la victoire finale, il n’y a en effet aucun doute : la Chine gagne toujours, même si cela doit durer 1 000 ans…  Lire la suite

Le hasard n’existe pas

Les marchés financiers ont réagi négativement après le premier abaissement du taux directeur américain depuis 10 ans. Non pas parce que la réduction s’est limitée à 25 points de base et ne s’est donc pas élevée à un demi pour cent comme le président américain le réclamait explicitement pour d’obscures raisons. En effet, aucun élément n’aurait pu justifier une telle baisse au vu de l’évolution toujours soutenue de l’économie américaine, de la confiance élevée des consommateurs et du taux de chômage qui flirte avec ses planchers historiques.

La diminution d’un quart de pour cent, comme la Fed l’a décidée mercredi, aurait d’ailleurs pu satisfaire les marchés. Mais les commentaires confus du président de la banque centrale américaine durant la conférence de presse qui suit traditionnellement une réunion du FOMC ont semé le doute sur la future politique des taux de la Fed. Jerome Powell voit la récente réduction du taux directeur comme une adaptation intervenant au milieu du cycle économique, comme la Fed l’a également appliqué dans le passé, par exemple dans les années 1990.

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