Noël précoce le Vendredi saint

Ces dernières semaines, la crainte de l’instauration de nouveaux tarifs douaniers américains sur les biens de consommation importés de Chine à partir du 15 décembre avait conduit certains à se mettre à l’abri comme si le ciel allait leur tomber sur la tête.

Nos lecteurs le savaient pourtant bien. Quand bien même la concrétisation de cette mesure aurait fait tanguer les marchés financiers, ils se seraient rapidement remis en selle par la suite. L’économie est en effet très flexible et peut s’adapter assez vite à un nouvel environnement. Lire la suite

Good cop, bad cop

Tout comme nous en avons assez des chauffards qui collent aux pare-chocs sur l’autoroute et du vacarme assourdissant des souffleurs de feuilles, nous en avons plus que marre des commentaires gratuits et des tweets impulsifs du président américain. Ses déclarations imprévisibles et arbitraires sur l’évolution des négociations commerciales sino-américaines ont toutefois de nouveau conduit les marchés financiers à dévier de gauche à droite. Nos lecteurs le savent pourtant bien. Lire la suite

Cousu de soie blanche

En 2019, investir n’était pas plus compliqué que composer de la musique techno. Jusqu’à présent, du moins. L’indice boursier mondial[i] a progressé de plus de 20 % depuis le début de l’année. Pour en profiter, il suffisait de rester tranquille, d’attendre patiemment à l’abri, en se persuadant que le beau temps reviendrait après les errements coupables de la banque centrale américaine, qui avaient fait chuter les marchés d’actions partout dans le monde durant le mémorable 4e trimestre de l’an dernier. Lire la suite

Ni oui ni non

Que vous l’estimiez ou le critiquiez, impossible de contester au président américain un trait singulier de sa personnalité hors normes : il maîtrise parfaitement l’art de se mettre en scène. Mais il ne décrochera jamais une nomination aux Oscars, vu les convictions politiques des membres du jury. Quant à l’intégrité de ces derniers, nous nous permettons également d’émettre des réserves. Lors de la toute première cérémonie de remise de ces statuettes tant prisées, le jury avait en effet refusé au dernier moment de la remettre à la star qui avait recueilli le plus de suffrages. Malgré son énorme popularité et son rôle-vedette dans de nombreux succès au box-office, Rin Tin Tin n’avait pas eu cet honneur. Pour la simple raison que ce n’était qu’un chien[1].  Lire la suite

We shall overcome

Cette profession de foi se retrouvait en filigrane de nos commentaires de ces derniers mois. Et, au vu des récentes performances des marchés d’actions, nous avions raison de nous montrer optimistes. Malgré les menaces géopolitiques, la plupart des indices boursiers ont atteint de nouveaux niveaux record, surtout aux États-Unis, mais aussi en Europe. De ce côté-ci de l’Atlantique, il ne s’agit cependant que d’un « plus haut » sur ces 4 dernières années. Les indices européens sont en effet encore éloignés de 10 % de leur niveau précédant la grande crise de 2008. Pour mieux comprendre, précisons que l’indice affiché en vert concerne la zone euro, exprimé en termes de « prix ». En revanche, l’indice « return » (qui intègre les dividendes distribués) avait dépassé son niveau pré-crise dès la fin de 2013.

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Le triomphe de l’optimisme

Lorsque Jeremy Siegel a publié son article révolutionnaire[i] sur l’évolution à long terme du marché (américain) des actions, il n’imaginait pas l’impact qu’il aurait. Son objectif était en effet purement académique. Il souhaitait simplement démontrer que les returns boursiers très élevés enregistrés dans le passé récent (en moyenne annuelle, de 6 % supérieurs à ce que rapportaient les obligations et bien meilleurs encore que la rentabilité de l’or et des placements de trésorerie) étaient plutôt le fruit du hasard. Selon lui, on devait se satisfaire par la suite d’un moins bon return pour les actions que pour les autres classes d’actifs, à savoir une rentabilité de 3 à 4 %. Les (excellents) résultats de la période antérieure n’annonçaient donc pas un avenir radieux. Nous étions en l’an de grâce 1992. Lire la suite

Une toute petite guerre ne vaudrait-elle pas mieux parfois ?

Il va de soi que nous ne le pensons pas[i]. Mais tout de même… Dans notre souvenir, aucun conflit géopolitique n’a duré aussi longtemps que le bras de fer commercial entre les États-Unis et la Chine d’un côté, et le dialogue de sourds entre le Royaume-Uni (du moins une partie) avec le reste de l’Europe, de l’autre. [ii]

On savait d’ailleurs depuis un certain J. Rotten, il y a un peu plus de quarante ans déjà, que la Grande-Bretagne tomberait dans l’anarchie un jour ou l’autre. Mais nous nous étonnons surtout que les marchés financiers, dont l’indulgence et la patience ne sont pas les valeurs les mieux cotées, suivent l’évolution politique outre-Manche dans un calme glaçant. Est-ce parce que personne ne croit sérieusement à un scénario de Brexit sans accord ? Toujours est-il que l’évolution du cours de la livre sterling, mais aussi des actions et des options, semble indiquer que les investisseurs tablent sur une probabilité raisonnable d’un nouveau report. Une telle issue se justifierait par l’annonce d’élections au terme desquelles le nouveau Premier ministre, fort d’une majorité parlementaire suffisante, recevrait le mandat soit de négocier de manière équilibrée avec l’UE, soit d’organiser un nouveau référendum. Dans la seconde hypothèse, il faut espérer que le scrutin prévoirait cette fois l’obligation d’atteindre une majorité en faveur du Brexit dans chaque entité du Royaume-Uni, pour éviter toute contestation du résultat. Lire la suite

Chose mal commencée est à demi perdue

Le 4e trimestre de 2019 a très mal démarré, avec deux séances baissières consécutives observées sur les bourses du monde entier. Les investisseurs s’inquiètent toujours de l’accentuation du ralentissement économique qui semble à présent affecter les États-Unis plus fortement que prévu. La chute des cours enregistrée le mercredi 2 octobre est surtout la conséquence de l’indice conjoncturel ISM particulièrement décevant qui a été publié pour les secteurs industriels américains. Cet indice détermine le climat boursier. Lorsqu’il surprend désagréablement, surtout dans cet ordre de grandeur, les bourses mondiales piquent du nez. Il va de soi que les baisses récentes doivent être relativisées. La plupart des marchés d’actions affichent encore des performances largement positives depuis le début de l’année. Lire la suite