Fake news

Au début du mois de février, le président de la Fed, Jerome Powell, a changé sensiblement le cap de sa politique monétaire, ce qui a permis aux bourses mondiales de récupérer la quasi-totalité de leurs pertes du quatrième trimestre de 2018. Auparavant, la banque centrale américaine projetait, sans grand discernement, de procéder encore à deux relèvements de 25 points de base de son taux directeur en 2019, alors que les marchés financiers lui signifiaient que l’heure était venue de l’abaisser. Les baromètres conjoncturels indiquaient en effet on ne peut plus clairement un ralentissement de la croissance économique mondiale et un recul du risque de dérapage inflationniste (pour autant que celui-ci ait été présent pendant cette période). Lire la suite

Sur des vieilles lunes, des colombes hébétées, des investisseurs nerveux et encore beaucoup d’autres curieux personnages de notre monde

Le virage à 180 degrés que le président de la banque centrale américaine a pris dans ses derniers commentaires n’a été que très modérément apprécié par les marchés financiers.

En réalité, Jerome Powell n’a fait que reconnaître l’urgence de corriger ses déclarations antérieures, basées sur une analyse obsolète – qui aurait (peut-être) été pertinente en d’autres temps.

Notre satisfaction, teintée de soulagement, d’avoir eu raison ne peut évidemment pas effacer les ravages financiers des commentaires excessivement durs que le président de la Fed s’est complu à proférer, en septembre 2018, sur la nécessité de continuer à relever le taux d’intérêt directeur américain. Des pertes totalement inutiles qui n’ont pu être récupérées qu’après plusieurs mois. Lire la suite

Joyeux anniversaire

À l’époque, ce qu’Alan Parsons réussit à mettre en boîte relève encore du travail d’orfèvre musical. L’ingénieur du son bricole un système expérimental (nous sommes en 1973) destiné à émettre simultanément des tintements d’un grand nombre de vieilles horloges.

La sonorité produite plaît tant au légendaire groupe de rock Pink Floyd que celui-ci s’en sert comme intro pour Time, un des meilleurs morceaux de son album culte The Dark Side of The Moon. Les paroles de cette plage dédiée au temps qui passe, bercée par ces sons incongrus, traitent surtout de thèmes intemporels : la nostalgie de sa jeunesse, les années qui filent trop vite et les occasions manquées, tout absorbés que nous sommes à contempler la pluie ou à regarder la télé.

(…) 10 years have got behind you. No one told you when to run. You missed the starting gun. Lire la suite

Game of Thrones

Amateurs de manœuvres sans vergogne, de machinations au grand jour, de coups de Jarnac sans scrupules et autres débats pseudo-intellectuels gratinés d’exagérations grotesques qui plombent toute discussion sensée, tournez-vous à présent vers le Parlement britannique qui sert, semble-t-il, de nouveau décor aux derniers épisodes de la série télé légendaire. Pendant qu’un ennemi féroce s’apprête à défoncer les portes de Londres, les milieux politiques britanniques se piétinent les uns les autres à la recherche d’une issue possible.

Le no deal Brexit se rapproche à grands pas mais les marchés financiers paraissent adopter un flegme très british. Les investisseurs partent apparemment du principe que personne ne peut être habité par une pulsion à ce point autodestructrice que celle d’exposer l’Empire britannique aux conséquences chaotiques d’un Brexit sans accord. Lire la suite

Comptes à rebours

Il était le seul à avoir remarqué le petit détail qui change tout. Contrairement aux autres membres de la commission d’enquête[i], qui braquaient leurs yeux sur les images de l’explosion de la navette spatiale Challenger. Richard Feynman, selon toute vraisemblance l’homme le plus intelligent qui ait jamais marché sur cette planète Terre, observait non pas la fusée mais les spectateurs[ii] venus en masse assister au lancement de la navette au Kennedy Space Center le 28 janvier 1986. Il a eu son attention attirée par les bonnets en laine et les grosses écharpes que portaient de nombreuses personnes dans cette foule. Rien de spécial dans nos régions au mois de janvier mais une météo très inhabituelle en Floride en cette période de l’année. Il n’en fallait pas plus pour que le physicien et lauréat du prix Nobel fasse le lien entre ces températures frisquettes et l’éjection du minuscule joint en caoutchouc (en raison du gel donc), qui allait laisser entrer les gaz qui scelleraient le sort des sept membres de l’équipage de la navette.

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Refroidissement global

Le FMI vient de réduire de 0,2 % ses perspectives de croissance économique, actant la poursuite du refroidissement de l’activité en 2019 qui atteindra ainsi son plus bas niveau depuis trois ans. Les chiffres publiés récemment sur le PIB chinois traduisent par ailleurs le rythme d’expansion le plus lent au cours de ces 28 dernières années. Ces deux corrections ne constituent cependant pas une surprise et n’annoncent pas de catastrophe mondiale. Du reste, la corrélation entre les performances économiques et l’évolution boursière à court terme est très vague. Lire la suite

Un seul chapeau melon pour deux rêves

La Première ministre britannique mérite sans doute une médaille pour son courage et son dévouement dans un combat qui n’était pas le sien au départ. Le parlement du Royaume-Uni ne lui en a pas moins infligé une défaite cinglante. Cette humiliation complète est pourtant tout sauf une catastrophe. Mais le temps commence à manquer pour trouver une solution à ce nœud gordien d’ici au 29 mars.

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Fièvre printanière

La politique annoncée de la Fed menaçait, sans raison valable, de provoquer une récession aux États-Unis. Le resserrement de la politique monétaire américaine aurait hissé le loyer de l’argent à court terme au-dessus du taux d’intérêt à long terme. En relevant son taux directeur, la Fed voulait surtout contrecarrer les effets d’une éventuelle hausse excessive des salaires aux États-Unis.

Or, au vu des derniers chiffres publiés sur l’évolution salariale, cette inquiétude n’a pas lieu d’être. La banque centrale américaine peut donc aligner sa politique monétaire sur les attentes des marchés en la matière. Concrètement, aucune hausse de son taux directeur ne paraît nécessaire en 2019.

Les corrections baissières du rythme de croissance des résultats des entreprises sont dans la logique des choses après sa forte hausse en 2018. Le tempo attendu se situe toujours au-dessus de 10 %, ce qui justifie des niveaux de cours plus élevés. Les primes de risque actuelles sur les marchés d’actions compensent à long terme la volatilité accrue.

Les discussions commerciales sino-américaines pèsent lourdement sur le climat boursier mais nous tablons sur une issue positive de ces pourparlers. La position de négociation de la Chine s’est fortement affaiblie après l’annonce de la baisse des prévisions conjoncturelles. Entre-temps, les autorités chinoises ont pris des mesures de soutien économique de grande ampleur.

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